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« Quelque chose » touche les cœurs aussi en prison…

Vendredi dernier, Julie, Lisa, Nico sont entrés à 8h30 dans la prison du Port pour aménager  le lieu de représentation : obscurcir la salle, préparer la scène, installer le son, la lumière … A leurs côtés Katia, Franck et un autre Nico présents pour le documentaire de 52 min, sur l’aventure de « Quelque Chose » à La Réunion, pour Réunion 1ere.

11h, Capucine et Marie les rejoignent après un atelier en lycée.

13h, Dominique et  les comédiens arrivent. Passage des portes, des accès, pièces d’identité, matériel, costume maquillage… Mélissa, du SPIP de la prison, coordonne et facilite l’arrivée de tous. Christine et Fanny (1R2L) sont avec eux. L’équipe fait lien.

Covid oblige, ils seront 12, seulement, mais c’est déjà tellement beau de pouvoir jouer…
14h30,  les détenus arrivent. Ils ont choisi de voir la pièce. Il y a deux ans, nous avions déjà joué là bas. Les gars avaient raconté ce que nous avions partagé, ces 12 là furent les plus rapides à s’inscrire.

Ils rentrent souriants, saluent tous le monde. Ils s’installent.

Une autre caméra est posée là, le spectacle sera diffusé sur la chaine de télé interne de la prison, quelle belle surprise !

Capucine introduit le spectacle, « Il s’agit d’une pièce qui évoque l’inceste et la résilience ».

Parmi eux, certains sont auteurs de ces violences et probablement victimes.

Il y a deux ans, nous avions vécu un moment incroyable, les hommes, nombreux, debout sur le final tapaient dans leurs mains en criant « Vive les femmes ! », l’un d’eux avaient demandé pardon à ses victimes, il disait qu’il venait de comprendre le mal qu’il avait fait…

Aujourd’hui, une grande douceur avait envahi la petite salle de spectacle de la prison du Port. La vie avance, ce moment-là ne sera pas le même, et c’est bien. Place au présent.
Une grande qualité d’écoute, des rires, de l’émotion, et une sorte d’empathie, de compassion peut-être.

A l’issue de la pièce, de nouveau les hommes parlent. Ils ont aimé. Le premier dit «Quand je vois ces femmes, je comprends tout, j’ai l’impression que c’est moi». Un autre dit toute l’émotion qu’il ressent, il n’a pas connu ces violences, mais il prend conscience de la difficulté de la reconstruction.

Dominique Carrère qui a signé l’adaptation de la pièce leur dit et redit en kréol l’importance de libérer la parole avec ces mots qui chantent : « Y faut detak la langue ! »

Christine Visnelda Douzain, notre psychiatre écoute et commente avec bienveillance leurs mots, « Je suis d’accord avec vous, sauf sur une chose, cela arrive aux femmes, mais aussi aux hommes.. ». Ils semblent touchés, considérés.

Un autre s’adresse à Capucine, « C’est pourquoi que vous avez écrit ça madame ? »
La réponse qui a suivi est venue du cœur.

Le temps était suspendu. Les gars étaient là tout entier dans cet instant de vérité simple et beau, droit vers la lumière.

L’un d’eux a dit « Vous avez touché mon cœur », puis il a ajouté : « Bravo à toute l’équipe, C’est un sacré beau travail que vous avez fait… Et vous savez ce qui serait bien ? C’est d’aller voir les marmailles dans les écoles, ça ce serait vraiment bien… »
Et ce qui est vraiment, vraiment, vraiment bien, c’est que nous y avons déjà passé une partie de la semaine, dans les écoles, et que cela ne fait que commencer…

Pas de photos en prison, mais une image prise peu après, dans l’énergie qui a envahi aujourd’hui, la petite salle de spectacle de la prison du Port…

Capucine Maillard – Autrice de « Quelque chose ».

 

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